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Comment les montées sont détectées et classées

Un fichier de sortie n’est qu’une liste d’altitudes, et pourtant le logiciel annonce « une montée de 2e catégorie à 7,3 % ». Voici comment cela fonctionne, étape par étape, et comment lire le résultat.

Publié le · 6 min de lecture

De la sortie au profil d’altitude

Un fichier FIT, TCX ou GPX enregistre l’altitude environ chaque seconde, à des distances irrégulières. Avant de chercher des montées, on rééchantillonne pour obtenir une valeur d’altitude tous les 10 mètres de parcours, par interpolation entre les points enregistrés. L’axe horizontal est la distance, pas le temps : une montée de 2 km a la même allure que vous l’ayez grimpée en 8 minutes ou en 14.

Le profil est ensuite lissé par une moyenne glissante courte, d’environ ±20 m. C’est plus important qu’il n’y paraît : un altimètre barométrique quantifie sa mesure (il garde une valeur quelques secondes puis saute de 2 à 3 m d’un coup), et sans un peu de lissage chaque marche ressemblerait à une rampe. Un lissage excessif fait l’inverse : de petites bosses s’étirent jusqu’à dépasser la longueur minimale. ±20 m est un compromis qui convient à l’altitude barométrique ; celle qui vient du GPS demande beaucoup plus, comme l’explique notre guide sur les erreurs d’altitude.

Repérer les tronçons montants

L’algorithme parcourt le profil lissé et le coupe en tronçons montants partout où il y a une descente de 30 m ou plus. Un petit replat au milieu d’un long col, un lacet où la route se calme un instant, un caprice du baromètre : rien de tout cela ne met fin à une montée. Une vraie descente, si.

Dans chaque tronçon, il cherche le sous-tronçon qui offre le plus de dénivelé tout en respectant deux minimums : au moins 400 m de long et une pente moyenne d’au moins 2,5 %. Ce plancher de 400 m à 2,5 % est volontairement bas : 10 m de dénivelé, une bosse courte mais réelle, et c’est le minimum pour compter comme montée.

Trois règles de nettoyage suivent :

  • Retirer les approches douces. Si les 200 premiers (ou derniers) mètres du candidat sont sous 2,5 %, ils sont écartés. Un faux plat de 600 m avant la vraie rampe ne doit pas diluer la pente moyenne.
  • Couper aux replats. Là où 1 km ou plus reste sous 1 %, le tronçon est coupé en deux et on recommence avec ce qui reste. Un plateau au milieu d’un massif donne deux montées, pas une.
  • Écarter ce qui n’est pas du vélo. Les passages faits en voiture et ceux où vous ne pédaliez pas (moins de 20 % des échantillons avec cadence ou puissance, quand le fichier contient ces canaux) sont supprimés. Une télécabine ou une rampe de ferry n’est pas une montée.

Le score et les catégories

Chaque montée reçoit un score : distance en mètres multipliée par la pente moyenne en pourcentage. Comme la pente est le dénivelé divisé par la distance, le résultat vaut exactement 100 fois le dénivelé positif. Une montée de 240 m de dénivelé marque 24 000, quelle que soit sa forme. Facile à raisonner, facile à vérifier à la main.

CatégorieScoreDénivelé équivalent
4moins de 3 500moins de 35 m
33 500 ou plus35-80 m
28 000 ou plus80-160 m
116 000 ou plus160-320 m
HC32 000 ou plus320 m et plus

Tout ce qui passe les minimums est au moins de catégorie 4, même si son score (1 000 dans le cas minimal) est inférieur à celui d’une « vraie » quatrième catégorie. L’échelle est simple et déterministe : la même montée reçoit toujours la même étiquette.

Et dans les courses ?

Dans le cyclisme professionnel, il n’existe pas de formule. Les organisateurs décident de la catégorie de chaque col, en pesant en général la longueur, la pente moyenne et maximale, et la place dans l’étape : une rampe modeste à l’arrivée, ou après 200 km, peut être classée plus haut que la même côte en début de journée. « HC » signifie hors catégorie. Un score distance fois pente est une règle empirique qui concorde souvent avec ces classements pour les grands cols classiques, mais elle divergera pour beaucoup de montées, dans les deux sens. Voyez-la comme une manière cohérente de trier vos propres ascensions, pas comme une note officielle. Notre guide sur le développement montre comment ces mêmes montées se traduisent en rapports de transmission.

Un exemple chiffré

Une montée près de chez vous : 4,0 km de long, 240 m de dénivelé. La pente moyenne est de 240 / 4 000 = 6,0 %. Le score est 4 000 × 6,0 = 24 000, soit 100 × 240. C’est au-dessus de 16 000 et en dessous de 32 000 : catégorie 1. Comparez avec deux autres profils :

  • 700 m à 8 % : score 5 600 (56 m de dénivelé), catégorie 3. Raide, mais court.
  • 8 km à 5 % : score 40 000 (400 m de dénivelé), HC. Pente douce, mais assez longue pour être la plus dure des trois.

Passons au temps. Vous bouclez les 4,0 km en 20 minutes de temps de déplacement. La VAM (vitesse ascensionnelle moyenne) est simplement le dénivelé par heure : 240 m en un tiers d’heure font 720 m/h. Un autre jour, vous mettez 19:10 et la VAM monte à 751 m/h. Une règle approximative convertit la VAM en puissance par kilo : divisez-la par (200 + 10 × pente en %), soit 720 / 260, environ 2,8 W/kg. Elle ignore vent, aspiration, roulement et votre masse réelle : servez-vous-en pour comparer des efforts, pas comme mesure.

Montées répétées et comparaison des temps

Si vous grimpez le même col chaque semaine, vous voulez regrouper les passages. Deux ascensions comptent comme la même montée quand leur départ et leur sommet sont chacun à moins de 250 m de ceux de la montée qui a ouvert le groupe. Comparer à cette première, plutôt que d’enchaîner, évite que deux routes voisines fusionnent en une seule longue montée.

Les extrémités détectées bougent de quelques mètres d’un jour à l’autre, car le GPS et le lissage ne sont jamais identiques. Sur 61 sorties autour de Madrid, une montée de 2,1 km a été trouvée 23 fois, avec des longueurs de 2 000 à 2 170 m. Les temps bruts sont donc un peu injustes, et la VAM, qui ne dépend pas de la longueur détectée, est une meilleure base. Comparez ce qui est comparable :

  • classez les passages par VAM plutôt que par temps quand la longueur détectée varie ;
  • regardez le meilleur temps à chaque date sous forme de courbe, pas seulement le dernier résultat ;
  • séparez les sorties virtuelles de celles en extérieur : un home-trainer et une vraie montée sont des efforts différents ;
  • pensez au vent, à la chaleur et à votre fraîcheur : montée en début de sortie ou après 100 km.

GearWatts regroupe ainsi automatiquement dans sa section montées, et avec un capteur de puissance il affiche aussi la puissance moyenne de chaque montée, mais la méthode marche tout aussi bien avec un tableur. Pour l’aspect effort, voyez FTP et zones de puissance.

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